La procédure hypnotique ne garantit en rien l’hypnose comme produit ou résultat étant donné que l’hypnose est un état essentiellement subjectif. Comme le souligne John F. Kihlstrom : l’expérience que vit le sujet lui est propre, de ce fait elle est difficilement vérifiable. L’expérience est ici comprise comme la prise de conscience, à un moment donné, de nos pensées, perceptions et ressenties ce qui la rend difficilement évaluable d’un point de vue scientifique étant donné qu’elle ne peut être directement observée ou chiffrée.

Deux types d’expérience hypnotique ont été examinés par les chercheurs: la réactivité ou hypnotisabilité et la profondeur hypnotique ressentie par le sujet.

Il s’avère difficile de recueillir l’expérience subjective à l’aide de procédures d’auto-évaluation, les sujets peuvent ne pas être en mesure de communiquer avec précision ce qu’ils vivent. Aussi, les récits expérientiels risquent d’être teintés par les exigences et les attentes de l’environnement social et probablement que l’expérience elle-même sera teintée de ces exigences. Par ailleurs, la procédure hypnotique favorise son impénétrabilité. En effet, les sujets sont invités à se détacher de leur conscience d’eux-mêmes et les bons sujets sont plongé tellement profondément dans leur imaginaire qu’ils seront susceptibles de ressentir, vivre et même faire des choses sans avoir l’impression de les avoir faites, pensée ou ressentie réellement.

À la lumière de ce qui vient d’être énoncé, il est possible d’établir un corolaire entre l’hypnotisabilité, les attitudes, la perception, l’interprétation, les motivations, les attentes et les croyances du sujet à propos de l’hypnose et de la relation qui sera établie avec l’hypnothérapeute.

[i] Kihlstrom, J. F. (2008). «The domain of hypnosis, revisited». In The Oxford Handbook of Hypnosis. Theory, Research and Practice, M. Nash et A. J. Barnier (dir.), p. 21-52. Oxford: Oxford University Press. 

https://psycnet.apa.org/record/2007-19668-002