Comment définir la relaxation?

Pour Philippe Brenot [1] la relaxation est un état, et « avant tout un état anti-émotion[2] » (p.24), qui résulte d’un complet relâchement musculaire.

Les sources de tensions musculaires

Notre corps est constamment sous tension ne serait-ce que pour maintenir notre posture. Aussi nous pouvons avoir l’impression d’être détendus, mais notre musculature conserve tout de même un certain tonus qui à la longue devient une source de tension nerveuse et de fatigue.

En outre, l’activité cérébrale génère constamment des images et des idées, certaines, dépendamment de nos expériences peuvent générer des réponses de stress[3] et de tension musculaire qui permettent de réagir, de se défendre ou de fuir. Le fameux fight ou flight. Aussi la peur, les inquiétudes suscitent des réactions musculaires de mise en tension  Nos perceptions et nos émotions participent donc à la contraction musculaire.

Les effets de la relaxation

Généralement le relâchement du tonus musculaire se traduit par une agréable impression de lourdeur des membres et permet d’atténuer les tensions dues au stress, à l’anxiété, aux émotions et de récupérer ses forces. En cas d’insomnie, de surcharge de travail elle favorise la récupération. En quelque sorte la relaxation permet d’apaiser, voire de contrôler les états mentaux.

La relaxation se révèle être un outil efficace pour faire face à des situations anxiogènes. Elle peut être d’un grand secours pour l’orateur, l’acteur, le professeur, le sportif en situation de compétition ou encore lors d’un examen médical invasif et pénible, ou avant une intervention chirurgicale redoutée.

Selon Larroque[4] les bienfaits psychologiques et physiques de la relaxation perdurent plusieurs jours ce qui permet donc de se préparer à l’avance pour affronter une situation stressante avec calme.

Par contre, il peut dans certains cas être difficile de mettre en œuvre la relaxation. Certaines personnes ont de la difficulté à percevoir les tensions qui s’accumulent dans leur corps ou encore ont de la difficulté à mettre en corrélation stress et tension musculaire. Il devient dès lors difficile pour la personne d’éliminer ces tensions étant donné qu’elle ne les perçoit pas. À cet effet, nous avons développé à la Clinique d’hypnose et de relaxation de Montréal, des techniques simples et efficaces afin de vous aider à goûter aux bienfaits de l’état de relaxation.

Quelques techniques de relaxation

LA RELAXATION PROGRESSIVE DE JACOBSON

Mise au point en 1928 par le psychiatre américain, Edmund Jacobson la relaxation progressive et différentielle est aujourd’hui une des méthodes les plus utilisées en Amérique du Nord. Pour élaborer sa méthode, Jacobson part du principe que toute pensée se traduit par une réponse physiologique de tension musculaire. L’inverse est donc aussi vrai, c’est-à-dire qu’un relâchement musculaire complet favorisera une diminution de la tension psychique voire même une disparition de l’anxiété.

La méthode vise dans un premier temps à éveiller la conscience des différents groupes musculaire en les mettant volontairement en tension et ensuite en les relâchant consciemment. Avec l’entrainement l’individu est en mesure d’identifier les moindres tensions musculaires qui s’installe au cours de la journée et de les atténuer voir les faire disparaître.

 

À la Clinique d’hypnose et de relaxation, nous recommandons aussi cet exercice aux personnes qui ont de la difficulté à reconnaître leurs états émotifs et les réactions physiologiques face à leurs interactions sociales et ainsi être en mesure d’identifier les situations qui sont source de frustrations.

LE TRAINING AUTOGÈNE DE SCHULTZ

Développé en 1932 par le neurologue et psychiatre Johannes Heinrich Schultz, le training autogène est une forme d’autosuggestion encore très utilisée dans le milieu de la santé mentale. Il s’acquiert en deux étapes. Lors de la première étape, l’individu est invité à vivre un état de relaxation. Dirigée par le praticien, la personne en position confortable se concentre sur les instructions et suggestions. Une fois en mesure de se relaxer de manière autonome, l’individu peut passer à la deuxième étape,  soit celle de la visualisation et de l’autosuggestion. Il pourra alors revivre les bienfaits de l’état de relaxation expérimenté lors de la première étape à l’aide de l’autosuggestion.

L’HYPNOSE

Les personnes qui consultent un hypnothérapeute souhaitent vivre une expérience d’hypnose qui corresponde à leurs représentations sociales. Certains seront déçus de leur expérience chez l’hypnothérapeute s’ils ont l’impression d’avoir vécu une séance de relaxation au lieu d’une séance d’hypnose. C’est pourquoi il est importance pour l’hypnothérapeute de s’enquérir des représentations sociales de son client.

Hypnose et relaxation sont cousins germains, mais l’hypnose n’est pas qu’une technique de relaxation et la relaxation n’est pas qu’une technique d’hypnose.

Dans la phase inductive de l’hypnose, le praticien va suggérer au sujet, la détente, la lourdeur, le sommeil. La relaxation et le sommeil sont essentiellement des états de passivité, de renoncement à l’effort, d’abandon, de lâcher-prise. L’hypnose est aussi un état de détente et de repos. À cet effet André Weitzenhoffer note que : « Généralement… l’apparence du sujet dès le début de l’hypnose est d’une personne endormie. La plupart du temps, la relaxation est si complète que le sujet s’effondre le sol, comme s’il s’évanouissait » (1967, p.13)[5].

Par contre un état total de relaxation entraînera un état de passivité et d’hypotonie musculaire  qui est susceptible de conduire au sommeil profond et à une forme d’inconscience. Le sujet n’est alors plus disponible pour recevoir les suggestions.

Pour éviter que la passivité suggérée amène au sommeil profond le praticien va suggérer au sujet de fixer son attention sur une perception visuelle (fixation d’un objet ou le fameux pendule, etc.) ou auditive (le son du métronome, les paroles du praticien, etc.). C’est ici que réside la différence fondamentale entre l’hypnose et  la relaxation. La relaxation en stimulant le système parasympathique favorise un état de relâchement musculaire. L’hypnose sollicite à la fois les systèmes sympathiques et parasympathiques étant donné que le praticien suggère des tâches contradictoires, soit le maintien de l’attention sur une perception visuelle ou auditive et la passivité. Le sujet tout en se sentant tout à fait détendu pourra par exemple vivre une rigidité musculaire du bras ou s’agiter en mimant une action comme les sujets qui participent à un spectacle d’hypnose.

À la Clinique d’hypnose et de relaxation, nous privilégions une position assise pour l’exécution des expériences hypnotiques, la personne sera alors obligée de maintenir le tonus musculaire nécessaire afin de conserver sa position dans la chaise.  Pour les séances de relaxation, les clients sont invités à prendre place dans un fauteuil inclinable. Recouvert d’une couverture il est alors possible de se laisser aller complètement jusqu’à parfois sombrer dans le sommeil.

[1] Brenot, P. (2003). La relaxation, Paris, Les presses Universitaires de France.

[2] Plusieurs théories tentent d’expliquer les émotions. Le consensus est de décrire l’émotion comme un processus multidimensionnel qui est déterminé par quatre composantes : physiologique, cognitive, expressive et sociale. La composante physiologique étant la plus populaire et celle reliée aux aspects sociaux la moins populaire. Les chercheurs s’entendent aussi sur le fait qu’une émotion s’accompagne d’une activation physiologique. Certains prétendent que le feedback physiologique produit l’émotion, d’autres que les pensées entrainent des modifications périphériques. (Voir Gérer ses émotions sur le site www.claudelavoie.net).

[3] Voir l’article La gestion du stress sur le site www.claudelavoie.net

[4] Larroque, M. (2013). Les procédés de relaxation hier et aujourd’hui. L’information psychiatrique, Vol. 89, p. 751-758.

[5] Weitzenhoffer A. (1967) Hypnose et suggestion, traduit par le Dr Métadier J, Paris, Payot.