La pratique de l’hypnose et ses représentations

Le spectacle d’hypnose ne fait pas qu’amuser il a aussi des effets sur les représentations sociales. Stephan Andriopoulos soutient que les spectacles d’hypnose, le cinéma, la littérature  et la bande dessinée propagent une représentation rudimentaire de l’hypnose et du subconscient basée sur les théories médicales de l’époque de Jean Martin Charcot qui faisait alors état des risques de possession hypnotique et de dépersonnalisation.

Didier Michaux constate que les représentations sociales de l’hypnose n’ont pas beaucoup changé depuis le début du XXe siècle. Malgré un siècle de recherches et d’expériences, l’hypnose demeure une pratique nébuleuse et ambiguë, un état léthargique provoqué dans lequel un individu sans conscience ni volonté obéit aux ordres de l’hypnotiste perçut comme un magicien ou un thaumaturge exerçant son pouvoir par la voix, le regard ou l’imposition des mains.

Ainsi, certaines personnes pourront penser l’hypnose comme un état de perte totale de conscience, de sommeil profond, d’hypersuggestibilité ou encore un état permettant que des changements psychologiques puissent se produire malgré lui.

Un autre patient pourra penser que la séance va permettre de faire sortir les « causes » cachées d’un conflit psychique ancien. Un autre enfin attendra  « la » parole qui guérit, ou, s’il est plus sensible aux causes physiques, le passage d’un fluide qui va remettre les choses en place.

Pour  Didier Michaux ces représentations sociales de l’hypnose ont des effets sur la pratique de l’hypnothérapie car « la représentation sociale de l’hypnose joue ainsi un rôle central dans la détermination des attitudes du sujet et de l’hypnothérapeute par rapport à l’hypnose » (p.344)

Définition des représentations sociales

En 1961 Serge Moscovici , publiait « La psychanalyse son image et son public » une étude sur la transformation du savoir scientifique menant a élaboration de la théorie des représentations sociales

Les représentations sociales sont à la fois produit et processus. Pour Jean-Claude Abric elles sont un produit, ce sont les images, les « traces représentationnelles » que l’individu construit à partir de son environnement. Denise Jodelet  explique en quoi elles sont processus, c’est l’élaboration d’un système d’interprétation, d’un guide d’action qui permet les interactions, les échanges et la communication avec l’entourage social.

Fonctions des représentations sociales

Les représentations sociales servent à interpréter le monde, à expliquer la réalité, à orienter les pratiques et les conduites. Ce savoir partagé au sein du groupe permet en outre aux individus d’entrer en relation avec les autres et d’interagir de la manière la plus appropriée au contexte, de justifier leurs actions et comportements, et ainsi de prendre position au sein du groupe en demeurant en harmonie avec les normes et les valeurs véhiculées en son sein, selon l’époque et le lieu d’insertion.

Ces représentations partagées permettent d’identifier le groupe à certains objets sociaux et d’organiser sa cohésion. Par exemple dans notre société les psychiatres sont associés à la maladie mentale, les psychologues à la psychothérapie et les travailleurs sociaux à la marginalité. Comme le souligne Moscovici, les représentations fournissent aux individus un code commun qui permet de communiquer et de se distinguer d’un groupe à l’autre.